Apnée de Sophie Torresi, théâtre, création collective

Une mise en scène
chorale

La mère tente de ne pas céder à la peur et aux affects. Elle cherche à se faire entendre au milieu d’un amas d’informations médicales et scientifiques et face à une parole institutionnelle univoque. La multiplicité des espaces narratifs et le statut changeant de la parole relèvent donc autant de la réalité que des rouages d’une conscience qui se débat avec elle-même, appellant une mise en jeu polyphonique. 

S’appuyant sur un travail de chœur, la mise en scène cherchera à rendre sensibles les lignes de force qui résultent des multiples injonctions contradictoires qui caractérisent la situation, et à traduire l’intrication de l’émotionnel, du psychique et du mental. Ce chœur, dont nous explorons différentes modalités, remplit les fonctions qu’il occupe dans la tragédie, à savoir l’expression de la consolation, mais aussi du sens commun et de la contradiction. Il permet tout à la fois de décentrer la parole, de faire entendre le doute, et de matérialiser la pensée qui s’élabore. Il incarne aussi la société et la possibilité du débat. 

Le travail porte également sur l’exploration de différents codes de jeu. Nous cherchons du côté de la rupture et du contrepoint, afin de tricoter serrés la vie quotidienne, l’effroi, le repositionnement constant, et l’élaboration d’un choix.

Au plan scénographique, nous privilégions un espace structuré par les corps, la matière sonore et la lumière, mais réduit à minima pour ce qui concerne les éléments de décor, ceci pour des raisons artistiques, mais aussi écologiques, économiques et pratiques. 
Le spectacle devra pouvoir s’adapter à des lieux non équipés, afin de pouvoir être joué entre autres en milieu hospitalier ou universitaire (auditorium, hall, salle de réunion…), ou tout contexte en lien avec le milieu de la santé.